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L’œuvre de Jean Vallon donne une impression globale de spontanéité. De fait, l’artiste attaque directement sa toile sans passer par des étapes préalables de dessin ou de construction sur des feuilles préparatoires. Des toiles qui sont la plupart du temps de grands formats, qui se prêtent à la fois à de grandes constructions et à l’agglutination de tout petits détails qui font vivre l’ensemble. La peinture est avant tout figurative, l’harmonie des couleurs n’intervient qu’ensuite pour amener une cohérence d’ensemble.

L’idée globale est là, et le tableau se construit le pinceau à la main, de manière peut-être plus instinctive que réfléchie. Cela ne veut pas dire que les idées de construction, de sens général n’y sont pas, mais le peintre cherche néanmoins quelque chose de relativement rapide, qui corresponde à une réflexion ou une sensation du moment. La spontanéité va avec une certaine rapidité d’exécution, et une volonté de ne pas lécher trop les toiles : les silhouettes sont souvent esquissées, les proportions sont quelque fois revisitées, la peinture est davantage posée que empâtée, mais tout cela participe à un univers général où le geste fait partie de l’œuvre en construction. Nous sommes dans une peinture abstraite, mais qui par certains côtés répond à l’action painting d’un Jackson Pollock : il s’agit de projeter ses gestes sur la toile, rapidement, pour correspondre à un état mental d’un moment donné. Il ne s’agit pas d’évoquer le monde réel, avec un respect de règles académiques précises, mais davantage de rendre accessible une vision ou une conception du monde dans une démarche plus d’interprétation.