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Biographie

biographie jean vallon peinture

Lā€™Å“uvre de Jean Vallon donne une impression globale de spontaneĢiteĢ. De fait, lā€™artiste attaque directement sa toile sans passer par des eĢtapes preĢalables de dessin ou de construction sur des feuilles preĢparatoires. Des toiles qui sont la plupart du temps de grands formats, qui se preĢ‚tent aĢ€ la fois aĢ€ de grandes constructions et aĢ€ lā€™agglutination de tout petits deĢtails qui font vivre lā€™ensemble. La peinture est avant tout figurative, lā€™harmonie des couleurs nā€™intervient quā€™ensuite pour amener une coheĢrence dā€™ensemble.
Lā€™ideĢe globale est laĢ€, et le tableau se construit le pinceau aĢ€ la main, de manieĢ€re peut-eĢ‚tre plus instinctive que reĢfleĢchie. Cela ne veut pas dire que les ideĢes de construction, de sens geĢneĢral nā€™y sont pas, mais le peintre cherche neĢanmoins quelque chose de relativement rapide, qui corresponde aĢ€ une reĢflexion ou une sensation du moment. La spontaneĢiteĢ va avec une certaine rapiditeĢ dā€™exeĢcution, et une volonteĢ de ne pas leĢcher trop les toiles : les silhouettes sont souvent esquisseĢes, les proportions sont quelque fois revisiteĢes, la peinture est davantage poseĢe que empaĢ‚teĢe, mais tout cela participe aĢ€ un univers geĢneĢral ouĢ€ le geste fait partie de lā€™Å“uvre en construction. Nous sommes dans une peinture abstraite, mais qui par certains coĢ‚teĢs reĢpond aĢ€ lā€™action painting dā€™un Jackson Pollock : il sā€™agit de projeter ses gestes sur la toile, rapidement, pour correspondre aĢ€ un eĢtat mental dā€™un moment donneĢ. Il ne sā€™agit pas dā€™eĢvoquer le monde reĢel, avec un respect de reĢ€gles acadeĢmiques preĢcises, mais davantage de rendre accessible une vision ou une conception du monde dans une deĢmarche plus dā€™interpreĢtation.

La spontaneĢiteĢ va aussi de pair avec une notion de plaisir, de jeu. Jean Vallon peint parce quā€™il aime peindre, il peint parce quā€™il appreĢcie les peintres et sā€™amuse parfois aĢ€ les convoquer dans ses toiles. Manet, Dali, Botero, Delacroix… Quand il en a lā€™occasion, il les salue au bout de son pinceau. Parfois, par pur deĢfi : en 2008, dans une toile intituleĢe Expositions, il sā€™amuse du contraste entre les visiteurs dā€™une exposition, rapidement peints, esquisseĢs meĢ‚me, et la preĢcision avec laquelle il a reproduit le tableau sans doute le plus connu de Salvador Dali, les montres molles (dont le vrai titre est la persistance de la meĢmoire).

Mais la spontaneĢiteĢ nā€™empeĢ‚che pas une dimension spirituelle, en prise avec les forces de la nature comme de lā€™esprit. Il y a le monde visible, les apparences, et ce que celles-ci peuvent suggeĢrer, laisser entrevoir des forces en preĢsence dans lā€™univers. Lā€™Å“uvre est souvent chargeĢe, voire surchar- geĢe de symboles qui lui donnent dā€™embleĢe une dimension qui deĢpasse le simple figuratif. Le reĢ‚ve a autant de place que la reĢaliteĢ, le preĢsent que lā€™histoire, la terre que le cosmos.

Le geste pictural sā€™accompagne donc de reĢflexions sur les principes de lā€™existence. Le geste est libre, rapide, mais emprunt dā€™une connaissance en amont qui peut ainsi venir charger le pinceau. Ce nā€™est pas un hasard si Jean Vallon choisit de peindre aĢ€ lā€™huile, qui apporte une grande luminositeĢ aĢ€ ses toiles. Lā€™huile permet aussi de retoucher, de revenir, de rajouter, dā€™harmoniser. Lā€™Å“uvre deĢmarre rapidement, mais peut eĢ‚tre reprise aussi longtemps que neĢcessaire. Cette facĢ§on de proceĢder, cette spontaneĢiteĢ associeĢe aĢ€ un produit qui permet de travailler dans la dureĢe permet au peintre de trouver lā€™uniteĢ et la diversiteĢ. Parfois, cela donne des œuvres qui tendent vers le surreĢalisme, parfois vers des univers beaucoup plus eĢsoteĢriques chargeĢs de reĢfeĢrences hermeĢtiques. La plupart du temps, Jean Vallon se positionne lui-meĢ‚me comme un spectateur de ce quā€™il peint : celui qui tient le pinceau semble eĢ‚tre en suspens au-dessus de la sceĢ€ne quā€™il repreĢsente, aĢ€ 45% au-dessus : ni le CreĢateur tout puissant, ni acteur de la sceĢ€ne. Spectateur, qui regarde, et introduit ainsi lui-meĢ‚me une premieĢ€re distance avec la sceĢ€ne repreĢsenteĢe. Ce quā€™il offre aĢ€ voir est deĢjaĢ€ une vision, la vision dā€™un peintre-spectateur.

Lā€™empreinte surreĢaliste

Le non manifesteĢ

Lā€™uniteĢ retrouveĢe, la part mystique

De la mystique aĢ€ la deĢrision...

Le deĢjeuner sur lā€™herbe

La femme, la matrice

Le sud, lumieĢ€re, taureaux et corridas

Ibiza, la foule, la feĢ‚te

Ibiza, un collage par an